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 L'explosion

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27
plume de merle
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MessageSujet: Re: L'explosion   Jeu 15 Juin - 11:03

A un moment tu mets "margot" pis à un autre "margaux"... y'a une subtilité que j'ai loupé et c'est toi tu t'es plantée ? silent
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anonia
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MessageSujet: Re: L'explosion   Jeu 15 Juin - 11:12

ça y est je l'ai lu ! hier soir ne pouvait pas ! et franchement je ne suis pas déçue d'avoir attendu !

cheers

la suite.............................

bounce
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Taho!
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MessageSujet: Re: L'explosion   Jeu 15 Juin - 11:31

27 a écrit:
A un moment tu mets "margot" pis à un autre "margaux"... y'a une subtilité que j'ai loupé et c'est toi tu t'es plantée ? silent
voilà un autre détail noté lors de la lecture et oublié ensuite... Je pense que c'est une faute de frappe...


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plume de merle
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MessageSujet: Re: L'explosion   Jeu 15 Juin - 11:35

genre "héé je l'ai vu aussi moi !"
hoho (second degré hein)
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ChiCo
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MessageSujet: Re: L'explosion   Jeu 15 Juin - 13:26

Taho! a écrit:
Et une triple fracture du tibia ?
Elle a pas dit triple, elle a dit ouverte..
En tout cas, personnellement, je n'ai pas le souvenir qu'elle soit triple...
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Taho!
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MessageSujet: Re: L'explosion   Jeu 15 Juin - 13:34

vivement le week-end...


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clo
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MessageSujet: Re: L'explosion   Jeu 15 Juin - 16:23

@Taho! : en effet j'ai pas mis qu'elle était triple...Et pour ce qui est de Margot c'est que j'ai écrit le premier chapitre vraiment avant les autres et je n'est pas vérifier l'orthographe de Margot. J'ai du changer le prénom dans tout le reste mais j'ai oublié ce chapitre ci désolée...



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Peroline
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MessageSujet: Re: L'explosion   Ven 16 Juin - 16:45

Oh, dis donc, ma copine, ça y est, je l'ai lu, c'est incroyable ! J'ai vraiment la sensation de lire une BD, c'est extraordinaire... Je vois toutes les images à chaque page que je tourne...
Et bigre que c'est exaltant ! Qu'est-ce que c'est que cette explosion ? On meurt d'envie de le savoir, et en même temps non, pas tout de suite...

:grosgrosgrosoupirdequ'est-cequec'estbien:

king
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clo
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MessageSujet: Re: L'explosion   Ven 16 Juin - 17:41

Héhé....C'est très sympa.....J'espère que vous ne serez pas déçus...Ca me fait un peu peur en fait !!! gloups



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clo
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MessageSujet: Re: L'explosion   Mar 27 Juin - 10:03

Voici la fin de la nouvelle. Un chapitre par message.
Je l'ai fait lire à Ben qui m'a dit avoir bien aimé à part certains détails d'écriture, comme les descriptions qui manquent selon lui (et Péroline aussi).

Donc voilà la fin du premier jet.



J’ouvris les yeux, ma tête était lourde. Je poussai un soupir en me massant le crâne puis jetai un œil autour de moi. Je n’étais pas dans le parc. C’était une pièce toute blanche, j’étais allongée dans un lit. Je secouai la tête. Ma jambe était enveloppé dans de la gaze, blanche elle aussi et ne me faisait plus du tout souffrir. La pièce était petite et il n’y avait qu’un lit et une lumière étrange qui ne semblait venir de nulle part. Le chien était là aussi, endormi dans un panier, tout aussi blanc que le reste. Je me levai et caressai les murs. Il n’y avait pas de porte, juste une trappe au milieu de la pièce. Je levai les yeux, il y en avait une aussi au plafond. Je devais cauchemarder ou alors des médecins m’avaient trouvée et tellement droguée de Morphine que j’inventais tout ce que je voyais. Je portais des vêtements blancs mais ce n’était pas un pyjama d’hôpital, seulement un short et un débardeur dont la matière ressemblait à celle des serviettes éponges. Quelqu’un m’avait trouvé, mais qui ? Cette chambre n’était pas de celles que l’on trouve généralement dans les hôpitaux. Il n’y avait même pas de fenêtre, seulement cette lumière bizarre qui paraissait émaner des murs eux-mêmes. Le chien grogna dans son sommeil, je m’approchai pour le caresser, il ne tremblait plus, semblait aussi paisible qu’à la maison.
Où étais-je donc ?
Je tentai d’appeler quelqu’un d’un vague « Hé ho ! » mais le silence fut ma seule réponse. Peut-être ne fallait-il tout simplement pas se poser de questions. Après tout, cette pièce étrange l’était tout autant que l’explosion qui avait frappé la ville. J’étais tout de même soulagée de ne plus être dans la rue, d’avoir été trouvée et soignée. Une part de ma crainte s’était éloignée mais tant que personne ne se présentait à moi et que cette cage blanche m’envoyait son silence, une boule d’angoisse me serrait toujours la gorge.
Je décidai de m’asseoir sur le lit et d’attendre, les genoux repliés sous le menton en fixant le chien.
Soudain j’entendis gratter à côté de moi. Je crus d’abord à un insecte et sursautai en jetant un œil au mur. Rien. Mais le frottement reprit et sa netteté me persuada subitement d’une chose : il y avait quelqu’un derrière la cloison. Intriguée, je grattai à mon tour, l’oreille collée au mur. On me répondit mais cette fois-ci par tapotements. Je tentai un « Y’a quelqu’un ? » éraillé et murmuré.
« Oui. »
J’eus un mouvement de surprise malgré le fait que je m’y attendais un peu. Je ne savais pas quoi répondre, je ne savais ni où j’étais, ni tout ce qui avait bien pu se passer pour que je me retrouve ici. Je n’eus de toute façon pas le temps de réfléchir, la voix reprit.
« - Cela fait trois heures que je suis ici. Et vous ? »
Drôle de question. La voix aussi murmurait, comme pour comploter. Ca me rappelait des films de prisonniers. Etais-je devenue une détenue ?
« - Je ne sais pas, je viens de me réveiller à l’instant. »
Il y eut un silence, je restai collée au mur, guettant le moindre souffle.
« - Vous êtes une rescapée de l’explosion vous aussi ?
-Oui.
-Je m’appelle Yann, et vous ?
-Julia. »
L’inconnu de mon mur s’arrêta de parler. Le silence revint puis soudainement retentit une sonnerie, telle celle d’un téléphone. Trois « dring » brefs puis le calme fut de retour.
« - Ca fait maintenant quatre heures que je suis là. La sonnerie que vous venez d’entendre signale qu’une heure s’est écoulée.
-Ah bon…. »
Mon intervention était un peu idiote, mais que dire d’autre ?
« - Vous ne trouvez pas cela étrange vous ? Cet endroit ? Et cette sonnerie ?
-Bien sûr, Julia. Et à vrai dire, je suis inquiet. Pas vous ? »
Je ne sais si ce fut l’évocation de mon prénom ou la voix rassurante de Yann, mais je me rapprochai du mur et m’apaisai.
« - Si. Vous ne savez pas où nous sommes ? Vous n’avez vu personne ?
-Non. Pas depuis mon réveil, il y a quatre heures. Le plus étrange c’est que je m’étais fait mal au bras dans l’explosion et qu’à présent je ne sens plus rien.
-Moi aussi. J’ai eu une fracture ouverte du tibia, un mal de chien et là, c’est à peine si ça me gratte.
-Et comment c’est de votre côté ?
-Et bien, tout est blanc. C’est une petite pièce sans fenêtre, juste deux trappes au sol et au plafond.
-Moi aussi. C’est quand même din…
-Yann ? Yann ? Vous êtes toujours là ? »
J’eus beau me coller au mur et me concentrer mais je n’entendis plus rien. Comme si Yann avait disparu brusquement. Je l’appelais une dernière fois mais de nouveau, seul le silence s’adressa à moi, avec ce ton que je détestais par-dessus tout depuis quelques temps.
Le chien se réveilla et vint se poser instinctivement vers moi. Il me lécha le visage, heureux sans doute de me revoir enfin. Je le caressai d’une main distraite, trop perturbée par ce qui venait de se passer de l’autre côté de la cloison. J’attendis ainsi plusieurs minutes, regardant le chien, m’allongeant sur le dos, puis le ventre. Cette attente devenait insupportable. Je me levai pour aller jeter un œil à la trappe, il n’y avait pas de poignée, ni loquet. Elle devait s’ouvrir de l’extérieur uniquement. J’essayais tout de même de passer mes ongles dans les interstices pour l’ouvrir mais c’était impossible. Je tapotai du doigt, ça sonnait creux. Cette trappe était vraiment très étrange car il n’y avait pas de gons. S’ouvrait-elle comme une plaque d’égout, en la faisant simplement sauter ? Je levai les yeux, si tel était le cas, celle du haut devait s’ouvrir d’une simple pression. J’entrepris de déplacer le lit afin de me mettre à sa hauteur lorsque soudain :
« - Julia, vous êtes toujours là ? »
Je me jetai contre le mur.
« - Oui. Que vous est-il arrivé ?
-Je n’en sais rien. Je crois que je me suis endormi, je viens de me réveiller à l’instant. Mon bandage a disparu.
-Quoi ? Quelqu’un serait entré vous pensez ?
-J’en suis certain. Ils ont du envoyer un gaz ou quelque chose dans la chambre, ce qui m’a endormi.
-Ca commence à me foutre vraiment les j’tons, cet endroit.
-Moi aussi….
-Dites, vous avez essayé d’ouvrir la trappe ?
-Oui, mais impossible, je pense qu’elle doit se pousser de l’extérieur.
-Et avez-vous pensé à ouvrir celle du plafond ?
-Bien j’ai tenté d’y lancer ma paire de chaussettes roulée en boule mais elle a rebondie comme sur un mur. La trappe doit être scellée. Et d’ailleurs, je viens de m’apercevoir que mes chaussettes viennent aussi de m’être enlevées…. »
Je sentais mon cœur s’accélérer. Aux mots de Yann ma peur prenait une drôle de forme, celle de l’inconnu. J’eus soudainement des flashes de Dachau, d’Auschwitz et toutes ses personnes qui s’étaient faites enfermées sans raison, totalement perdues dans un monde qu’elles ne connaissaient pas. Après mon soulagement à la vue de ma blessure soignée, je commençais à regretter de ne pas être restée dans le parc. Perdue dans mes pensées, je sentis brusquement une odeur familière que je n’avais pas sentie avant. Un parfum de fruit, de melon même. La pièce était emplie de l’odeur d’un melon bien mûr.
« - Yann, sentez-vous cette odeur de melon de votre côté ?
-Quoi ?
-L’odeur de mel…. »



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clo
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MessageSujet: Re: L'explosion   Mar 27 Juin - 10:05

Chapitre cinq et six :


Je me levai en sursaut. J’avais encore dormi. Je me souvins de cette vague senteur de melon et puis le trou noir. J’étais toujours dans la pièce blanche, le chien à mes côtés mais quelque chose avait changé. La gaze sur ma blessure avait laissé place à un pansement beaucoup plus petit. Comment une cicatrisation aussi rapide était-elle possible ? Je tâtai fébrilement mon tibia mais ne sentais rien que de légers picotements.
Autre chose avait changé aussi. Il y avait un plateau posé près de la trappe. De la nourriture. Je me rendis compte que je n’avais pas mangé depuis longtemps et que je commençai à avoir faim. Je me levai pour prendre le plateau.
« - Julia, Julia. Êtes-vous là ? Julia ?
-Oui, je crois qu’il m’est arrivé la même chose qu’à vous.
-Vous m’avez parlé d’une odeur de melon. Je m’en souviens aussi. C’est ce que j’ai senti avant de sombrer. Ca doit être l’odeur de leur tranquillisant.
-Sans doute. Il y a un plateau chez moi, vous n’en avez pas eu ?
-Non. Qu’est-ce qu’il y a dessus ?
-Attendez, je vais le chercher. »
Je me précipitai et m’étalai par terre, me cognant le coude avec douleur. Je pris le plateau et revins sur le lit.
« - Ca va ? J’ai entendu un bruit.
-Je suis tombée.
-Ah. »
Malgré la cloison, je sentis le sourire de Yann à travers son « Ah. ». Je souris à mon tour bien que je fusse vexée.
« - Alors, j’ai une petite salade de tomates, un steak frites et un yaourt nature sans sucre.
-Ca me donne faim tout ça.
-Il y a aussi un bloc de feuilles et un stylo. Rien n’est écrit, toutes les pages sont vierges.
-Bizarre. Peut-être veulent-ils vous donner une distraction.
-Ils auraient pu m’amener une télé, je pense que ça aurait été plus profitable.
-Oh non !
-Quoi ?
-Je sens encore cette odeur de melon !
-Bon et bien, à tout à l’heure alors !
-Oui et bon appé….. »
Le silence. Je plaçai mon oreille au plus près du mur pour distinguer un son quelconque. J’entendis un bruit sourd, peut-être l’ouverture de la trappe ? Malgré ma concentration, je ne perçus rien d’autre. Et puis, mes yeux retombèrent sur le plateau, j’avais décidemment très faim. Je m’armai de la fourchette et débutai les festivités. Je jetai un coup d’œil au chien, on lui avait aussi apporté des croquettes qu’il engloutissait sans demander son reste. Je fis de même, oubliant ma peur, mon angoisse d’être là.
Au moment de mon yaourt, j’entendis de nouveau la sonnerie. Je me demandais pourquoi ils prenaient ce soin particulier de nous faire part des heures qui s’égrainaient. Et d’ailleurs qui étaient-ILS ? La surprise et la curiosité des premiers instants passés, on était en droit de ce poser de réelles questions. A mon avis, l’explosion et ces chambres étranges étaient en lien, mais de quelle sorte de lien s’agissait-il ? Dans ces moments-là, on se met à divaguer, la solitude aidant d’ailleurs, sur des sujets plus ou moins abracadabrants. Lorsque des évènements pareils se produisent dans une vie, on se croit soudainement projeté dans un film. Etait-ce une expérience gouvernementale pour tester une forme d’endurance humaine ? Etait-on mis en quarantaine suite à l’explosion d’une bombe bactériologique ? Etait-ce la guerre ? Finissant mon yaourt, j’étais toujours dans le flou, les pensées brouillées par tant de nouvelles données. J’étais toujours triste du sort de Margaux ou des personnes que j’avais pu voir mortes, étendues dans des tas de gravas, mais ces idées noires-ci s’écartaient peu à peu, laissant le champ libre aux idées noires liées à mon propre sort. Je me rendis compte, à mon grand désarroi, que tout humain craignant à sa vie devient subitement du pire égoïsme qui soit. On m’avait dit « survivante » en me sortant des décombres de l’école, mais je me sentais à ce moment sur la pente opposée. J’aurais aimé un éclaircissement, des réponses aux nombreuses questions qui hantait ma tête depuis l’explosion. Cet isolement, même si le chien pouvait m’être d’une grande consolation, me confortait dans une terreur latente. Ma seule issue de secours était de gratter contre un mur et de chuchoter avec un parfait inconnu, tout comme moi prisonnier. Il est vrai que savoir que je n’étais pas totalement seule dans l’ignorance était l’unique chose que me soulageait un peu. Justement, je perçus un grattement familier à ma gauche.
« - Julia ?
-Oui ?
-Vous n’êtes pas endormie ?
-Non.
-Ils m’ont amené un plateau aussi, mais de mon côté j’ai eu des nouilles chinoises et un beignet à la framboise.
-Drôle de mélange !
-En effet ! Mais c’était très bon. Au fait, j’espère que je ne vous importune pas ?
-Pas du tout, au contraire. C’est lorsque je ne vous entendu plus que je m’inquiète le plus. J’étais justement en train de me poser plein de questions concernant cet endroit. Qu’en pensez-vous vous ?
-Je n’en sais trop rien. Au début j’avais pensé à un hôpital un peu bizarre, un genre d’expérimentation. Mais lorsque j’ai vu qu’ils nous endormaient avant de rentrer dans la pièce et qu’on n’avait aucun contact avec eux, j’avoue que j’ai eu plus peur. Je ne saurais vous dire ce que j’en pense.
-Tout à l’heure vous avez dit qu’ils vous avaient pris vos chaussettes suite à votre tentative d’évasion (je l’entendis sourire), pensez-vous qu’ils nous espionnent ou est-ce un simple hasard ?
Le chien sauta sur le lit pour lécher le fond de mon yaourt. Surprise je sursautai, « Hé doucement toi ! ».
« - Quelqu’un est avec vous ?
-Ah, euh oui, un chien.
-Un chien ?
-Oui, il était avec moi alors ils me l’ont laissé.
-Vous avez de la chance, ça vous fait une compagnie.
-Oui, c’est vrai qu’il a été très présent depuis….euh..et il m’a pas mal réconfortée. »
Il y eut un silence. Je compris que le sujet redouté allait être abordé. On ne pouvait pas se parler à travers ce mur sans évoquer l’explosion. Je posai ma tête machinalement contre la cloison et attendis. Yann parla le premier.
« - Où étiez-vous à ce moment ?
-Dans une école, j’allais chercher une petite fille à la sortie. Et vous ?
-Dans un café, je discutais d’un nouveau canapé avec ma femme."



Cela faisait déjà trois jours que Yann, le chien et moi étions enfermés. Les sonneries s’étaient succédées, ainsi que les plateaux, à chaque fois différents : pizzas, tajine de mouton, merguez grillées, salade de fruits exotiques ou pane cakes pour le petit déjeuner. Nous remarquâmes aussi qu’on nous lavait entièrement lors de notre sommeil, même les dents. Le fait de savoir qu’une personne me voyait nue me faisait frissonner. Ma jambe avait été totalement guérie, en un temps record. On m’avait retiré les gazes et seule une cicatrice rouge me barrait le tibia.
Nous avions aussi découvert ce que l’on avait nommé « le couvre-feu », c’était l’éteinte progressive puis totale de la lumière qui signifiait sans doute qu’au dehors la nuit régnait. Quant aux distractions qui accompagnaient la nourriture, nous n’avions eu qu’au matin du deuxième jour un appareil photo numérique. Ce qui nous avait beaucoup surpris. J’avais joué avec un petit moment, prenant des gros plans de la truffe du chien, mes pieds ou encore la trappe mais il me lassa vite. ILS durent le comprendre car au matin du troisième jour, l’appareil disparut. Je continuai de discuter avec Yann, apprenant que sa femme était décédée lors de l’explosion et que lui s’était soigné le bras en pillant une pharmacie. On se racontait nos impressions, semblables, face à ce qu’il s’était passé. Il se disait totalement déboussolé, incapable de réfléchir. Et tout comme moi, la tristesse de la mort de sa femme s’estompait sous les pas de sa peur grandissante. On tentait de se réconforter l’un l’autre mais on perdait peu à peu l’espoir et nos nerfs dans ces cages.
Nous tournions en rond, ne faisant qu’attendre et cela nous était insupportable. Nous avions beau hurler comme des beaux diables, il n’y avait que les murs pour nous parler, que les trappes pour nous narguer. Et cette odeur de melon ne faisait qu’empirer les choses. Elle était le seul lien avec nos geôliers (nous étions alors certains d’être captifs), le signe de notre sommeil forcé. Je pense que nous dormions tellement que lorsqu’il faisait nuit, que les lumières étaient éteintes, il nous était impossible de nous endormir.
Alors, nous discutions à travers le mur, en chuchotant encore avec l’habitude inconsciente de croire que l’on eut réveillé quelqu’un en élevant la voix. Nos discussions nocturnes tournaient de plus en plus autour d’une évasion possible.
Un matin, Yann me susurra qu’il avait pu garder un couteau, le cacher sur lui avant que l’on vienne récupérer son plateau. Il avait commencé à gratter le mur avec, espérant pouvoir me retrouver de l’autre côté. Durant plusieurs heures, il gratta, creusa encore, m’apprenant que la lumière qui semblait être projetée par les parois elles-mêmes venait en fait de la matière phosphorescente dont était fait notre cachot. Je l’entendais pester sous l’effort, lorsque soudain il me dit sentir encore le melon. A son réveil, on lui avait subtilisé le couteau.
Au bout de deux nouveaux jours, Yann semblait énervé, irritable. Il me parla à travers le mur, et ce fut la dernière fois que je l’entendis.
« - Julia, j’en ai assez. La prochaine fois qu’ils viendront pour me laisser ce putain de plateau, je me casserai de là.
-Comment voulez-vous faire ?
-Dès que je sentirai l’odeur du melon, je vais tout simplement essayer de retenir ma respiration pour ne pas aspirer leur gaz, ou je ne sais quoi. Et je passerai par la trappe.
-Vous êtes certain d’y arriver ? Vous ne pensez pas que si vous n’y parvenez pas, ils pourront vous mettre autre part, ou pire vous faire quelque chose de mal ?
-Et que voulez-vous faire d’autre ?? »
Il hurla, me faisant bondir sur le lit. Je me reculai du mur, serrant le chien contre moi.
« - Hein ? Que voulez-vous faire d’autre ?? Restez ici et crevez ? Julia, il ne faut pas s’habituer à tout ça ! Il faut que l’on tente quelque chose avant d’accepter bêtement notre sort de prisonniers ! Je n’en peux plus d’être ici ! J’étouffe ! Ma femme me manque et je l’oublie peu à peu ici. Tout ce blanc me donne la nausée, ces rituels m’angoissent ! Je veux sortir ! Pas vous ?
-Si, si, bien sûr. Mais j’ai peur de ne pas connaître ceux qui nous tiennent. Tout cet inconnu me fait peur.
-Ne vous inquiétez pas, si je réussis à sortir, je viens vous chercher. Promis. »

Plus tard, l’oreille collée contre le mur, j’entendis un bruit sourd. La trappe encore. Mais cette fois-ci, il y eut des bruits différents. Une bousculade.
Puis, l’odeur de melon me vint, plus forte que jamais. Je commençai de m’assoupir lorsque je vis la trappe s’ouvrir. La trappe du bas. Elle ne sauta pas comme une plaque d’égout mais sembla voler au dessus du sol. Quelqu’un entra, longue silhouette habillé de blanc, avec un drap sur le visage, pour se protéger. Etait-ce Yann ? Avait-il réussi ?
Je m’endormie, ne parvenant plus à lutter.



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MessageSujet: Re: L'explosion   Mar 27 Juin - 10:07

Fin, chapitres sept et huit :


Je sentais mon corps se balancer dans tous les sens. Dans ma bouche, un goût de melon, la dose avait du être bien plus forte. Mes yeux s’ouvrirent sur un couloir blanc. J’étais portée, dans les bras de quelqu’un. Je me tournai vers le visage, il était enrubanné d’un drap cachant la bouche et le nez. Je n’apercevais qu’une paire d’yeux bleus et des sourcils froncés de détermination. Yann, sans doute. Autour de nous, un bruit assourdissant. Une sirène. Nous étions en fuite, Yann avait tenu sa promesse. Me voyant réveillée, il me posa par terre. Mes jambes en coton parvinrent quand même à me soutenir. Yann m’invita du regard à la suivre. Et je me mis à courir, incapable de penser, fixant le dos de mon allié comme unique point de repère. Le chien était là aussi, courant près de nous, affolé. Yann stoppa soudainement pour pousser une trappe qui se trouvait contre le mur du corridor. Je remarquais alors qu’il en était jonché sur tout son long. Il s’engouffra dans le trou, je le suivis, prenant le chien dans mes bras.
A cet instant, me parvint une sensation que je n’avais jamais connue auparavant. C’est comme si la gravité avait subitement changé ! Mon corps sembla flotter un instant dans la pièce, un très court instant, avant que mes pieds ne touchent, non pas le sol tel que je me l’imaginais, mais le mur à ma droite. C’est comme si, en passant du couloir à cette pièce nouvelle, l’attraction de la Terre avait changé d’orientation. Yann quant à lui continua de courir, sans doute lui aussi surpris mais ne disant mot.
Dans cette pièce-ci, il y avait une porte. Elle donnait de nouveau sur un long couloir, menant vers de la lumière. Sans doute la sortie. Je laissais le chien sur le sol et nous nous mîmes à courir de plus belle. Un cri derrière nous me fit tressaillir, je n’osais me retourner mais il était certain que l’on nous suivait.
Il n’y avait maintenant plus que quelques mètres avant la porte, avant la lumière. Je ne voyais que le dos de Yann, je suivais son allure. Mais les pas derrière moi me terrorisaient. Je me tournai et vis des silhouettes. Et l’espace d’un claquement de doigts, une main se posa déjà sur mon épaule ! Comment était-ce possible de courir aussi vite ? Mon sang se glaça, je hurlai le nom de Yann qui se retourna. La main sur mon épaule me lâcha mais je reçu à la place un coup violent derrière le crâne. Je m’écroulai, dans un flou incroyable. Je vis le chien et Yann se rapprochant. Je n’entendis presque plus rien et mes yeux se fermèrent lorsque la sirène se tut pour de bon.



Je me réveillai. Mon crâne me faisait encore mal. Mes yeux s’habituèrent doucement à la lumière. Autour de moi, la blancheur avait disparue, j’étais dans une forêt. Je commençai à en avoir assez de me réveiller chaque fois dans un endroit différent. J’étais sur un tapis de mousse incroyablement doux et mou. Il me parut presque irréel, comme un décor de cinéma. Je portais toujours le short et le débardeur en éponge. Où étais-je donc encore ? Je me levai et marchais un peu entre les arbres. Ces derniers étaient eux aussi étranges, je n’en avais jamais vu de tels, grands, beaux, presque luisants au soleil. Comme s’ils étaient en plastique, presque trop parfaits pour être vrais. L’endroit en lui-même, cette forêt me parut trop parfaite pour être vraie. Je me sentis d’un seul coup comme apaisée. J’avais toujours aimé marcher dans les forêt, c’était un lieu de calme et de ressourcement pour moi. Et celle-ci me parut soudainement idéale après tout ce que je venais de voir et de vivre. Je sortis des bois et arrivai dans une plaine, l’herbe tendre me chatouillait les pieds. Je ne reconnaissais pas l’endroit, ça ne ressemblait à rien de ce que j’avais déjà vu près de chez moi. Où m’avait-on encore amené ? Je me souvins que je tentai de m’échapper avec Yann, et puis plus rien. Décidemment, ces derniers jours ne furent qu’une succession de trous noirs. J’avais décidé de ne plus essayer d’élucider ces mystères, tout cela devenait trop compliqué. Cette situation était trop « au-delà » de moi, de ma petite vie, inutile de résister. De toute façon que pouvais-je faire ? Je n’avais aucun moyen de comprendre, de lutter, de LES empêcher de m’amener là où ILS le voulaient bien. J’étais définitivement une prisonnière. Mais où était Yann ? Allait-il bien ? Je scrutais la forêt aux alentours, j’étais seule. Seule mais incroyablement bien, un bien-être profond et indescriptible. Peut-être cela venait-il du fait que je voulais arrêter de penser, de réfléchir. J’étais dans un paradoxe : captive mais soulagée, perdue mais apaisée. Je m’assis sur l’herbe, elle était fraîche. Un souffle d’air caressa ma nuque et le soleil puissant m’enveloppait d’une chaleur unique. Soudain, un son familier me parvint.
Le chien.
Il courait vers moi, les oreilles sautillantes, la langue pendante. Il me sauta dans les bras et me lécha le visage sans que je ne puisse rien y faire. Comment pouvais-je ressentir une telle plénitude, toucher du doigt ce bonheur idiot alors que ma vie basculait ? Je me roulais dans l’herbe avec le chien puis me posai sur le dos pour regarder le ciel. Les nuages étaient étranges, les formes étaient plus nettes que jamais. Eux aussi ne semblaient pas réels. Il y avait là une fleur, une rose sans doute, et plus à droite le visage d’un enfant se dessinait. Je repensai à Margaux mais ma tristesse semblait dissoute dans cet instant indescriptible de ravissement. J’étais une éponge à toutes les sensations qui émanaient de l’endroit, j’étais bien, peut-être heureuse qui sait.
Je crois qu’à cet instant, j’étais comme le chien dans le parc, quelques heures après l’explosion. J’étais contente d’avoir trouvé un lieu calme et apaisant et tout le reste s’était effacé de ma mémoire trop courte. C’était tout à fait cela oui, j’étais devenue le chien, je ne pensais plus mais ressentais uniquement.
« -Julia ? »
Je me tournai sur le ventre, derrière moi se tenait un homme, un homme immense à la peau noire. Il portait une longue robe blanche, telle une aube de communiant ou plutôt une tunique de Touareg. Il était jeune. Il me tendit la main pour me relever. Il sourit, dévoilant des dents d’une blancheur extrême. Je fus éblouis.
« - Julia ?
-Oui. Qui êtes-vous ?
-Mon nom ne vous dirait rien de toute façon. C’est moi qui vous ai fait venir ici. »
Je fus stupéfaite, je crus à une blague. J’avais imaginé tout un tas d’hypothèses mais celle-ci me sembla très étrange. Ma surprise devait se voir sur mon visage alors il poursuivit.
« - Je vous ai amené ici pour vous protéger. Vous êtes ici chez vous. Ne le ressentez-vous pas ?
-Je….je ne sais pas. Je ne connais pas cet endroit.
-Si vous le connaissez sûrement. Ne vous sentez-vous pas agréablement bien ici ? »
Il sourit de nouveau, je plissais les yeux. J’étais de plus en plus perdue, incapable de mettre en ordre tout ce qui m’était dit.
« - Ce lieu porte pourtant vos racines, vos ancêtres lointains sont nés ici.
-Sur quel continent sommes-nous ? »
Il éclata de rire, un rire grave et sonore. Je me bouchais les oreilles et fermais les yeux tellement ses dents reflétaient la lumière du soleil. Il cessa au bout de plusieurs secondes et prit sous sa tunique un objet qui ressemblait à une longue vue. Il me le tendit et me désigna un point dans le ciel.
« - Regardez donc là, Julia. »
Je levai la longue vue jusqu’à mon œil en me retournant et là, même si je ne l’avais jamais vu sous cet angle si particulier, je vis la Terre. Telle une lune fantomatique, une Vénus, une Jupiter, noyée dans le bleu du ciel. Mon sang fit le tour de mon corps en un quart de seconde et je tombai sur les genoux. L’homme vint se poser près de moi. Je fixai un brin d’herbe, prête à m’évanouir.
« - Mais, où sommes-nous ?
-Nous sommes chez moi, chez vous…chez lui. »
Il sourit en montrant le chien qui tournait en rond, cherchant à se mordre la queue. Puis il posa sa main sur mon genou. Je levai les yeux vers lui.
« - Il y a bien longtemps Julia, la Terre telle que tu la nommes était notre prison.
-Prison ?
-Oui, nous y envoyions des individus dangereux, ceux qui avaient commis des crimes, des actes impardonnables. Mais, échappant à notre contrôle, et avec l’aide d’un milieu fertile et abondant, ils se reproduisirent.
-J’ai du mal à comprendre, je…
-Ne t’en fais pas, tout ira bien maintenant. Il y a quelques temps, nous avons remarqué que vous vous faisiez bien trop de mal.
-De mal ?
-Oui, il nous sembla plus sage de vous séparer sur plusieurs autres planètes, pour éviter que la paix ne soit brisée à tout jamais. C’est ce que nous avons fait. C’est pour cela que tu es ici Julia, tu es revenue chez toi. Tu pourras à présent connaître le calme, la sérénité que tu mérites, et ce ci jusqu’à la fin de ta vie. »
Il sourit une dernière fois et me caressa les cheveux. Il tourna la tête pour contempler les arbres.
« - Mais…et l’explosion ?
-L’explosion ? Quelle explosion ?
-Mais…euh…enfin….
-Ah oui, cette explosion ! C’est une erreur, une regrettable erreur. »
Il me regarda d’un air entendu et serein puis se mit à jouer avec le chien en faisant tourner sa longue main au dessus de la tête de l’animal qui jappa de plaisir.
Une brise vint une dernière fois faire danser les brins d’herbe et s’envola jusqu’aux nuages.





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anonia
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MessageSujet: Re: L'explosion   Mar 27 Juin - 12:51

j'ai adoré !
bien qu'en réalité j'ai pas très bien compris la fin ! en le lisant je ne l'imaginais pas du tout comme ça !

mais c'était très bien !
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ChiCo
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MessageSujet: Re: L'explosion   Mar 27 Juin - 18:53

Ouais bravo.
J'étais captivé du début à la fin Smile
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clo
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MessageSujet: Re: L'explosion   Mar 27 Juin - 23:37

anonia a écrit:
bien qu'en réalité j'ai pas très bien compris la fin !

A vrai dire l'ai-je bien comprise moi-même cette fin scratch ?

Razz Razz



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Peroline
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MessageSujet: Re: L'explosion   Mer 28 Juin - 1:19

Oh, ma copine... Wahou ! Déjà cheers cheers pour avoir réussi à tenir une histoire du début à la fin, avoir réussi à conserver tout le temps le même style, et avoir réussi à construire un écrit qui a du caractère et surtout de la fluidité.

Juste pour chipoter sur quelques petits points (tu me connais... Wink ) :
- Faut que tu fasses gaffe aux temps des verbes parce que tu mets toujours "ai" alors que je crois que c'est de l'imparfait (donc "ais"). En même temps, en relisant, y'a eu un moment donné où je n'étais plus sûre de rien... Faudra vérifier ça auprès d'un prof de français certifié et agrégé. Very Happy
- L'expression "jeter un oeil", que tu utilises à deux reprises (chapitre 4) m'a un peu dérangée, puisque j'imaginais la femme en train de réellement jeter un oeil (ce qui, soit dit en passant, ne me paraît pas complètement fou, vus les cadavres qui jonchent le sol autour d'elle).
- "Ma jambe avait été totalement guérie", (chapitre 5 ou 6) : je ne suis pas sûre que le verbe "guérir" s'utilise dans ce sens-là... C'est pas très gênant, mais je l'ai dit : je voulais chipoter, on est là pour ça aussi !
-Perso, dans la partie 5 / 6, j'aurais inversé la partie où tu parles de la vie qui s'installe (les plateaux, l'appareil photo etc) et la partie où elle raconte qu'ils n'en peuvent plus. De l'extérieur, vu comme ça, moi j'ai d'abord cru qu'elle s'était complètement faite à sa nouvelle situation, que les journées s'enchaînaient sans que rien d'anormal ne se passe. Et comme la phase "rebellion" est exposée après, on a l'impression que d'un coup, elle décide que finalement, ça va pas, que d'un coup elle se met à hurler... Je sais pas si je me fais bien comprendre, mais moi ça, ça m'a vraiment gênée (bien plus que l'oeil jeté, par exemple).
- Je tiens à signaler que j'ai trouvé tout simplement parfait la fin du chapitre 6 (je crois) où elle s'endort à côté du gars sans savoir si c'est Yann ou non.

Pour finir et pour élever un peu le niveau, je dirais que c'est un texte tout à fait personnel, et donc, forcément intéressant. Te connaissant, ma copine, je t'ai reconnu dans certaines réactions de ton héroïne. Néanmoins, je trouve que le (film, j'allais dire...) récit manque de ta patte à toi : il manque le style "Clo", selon moi. C'est un peu trop passe-partout, je m'attendais à encore plus de couleurs, de coeurs qui battent, d'actions (pas forcément actives, mais au moins pensées). J'ai trouvé que malheureusement (et pour moi c'est vraiment ça le plus dur à faire), tu avais eu un peu de mal à retranscrire les pensées de ton personnage. Elle pense, et tu retapes ça mais sans le mettre vraiment à ta sauce. Le texte manque de rythme, d'accélérations, de suspense dans ses figures de style.

Je crois cependant que l'idée est très bonne, mais pour moi c'est pas forcément la meilleure façon de le raconter. J'espère que mon sale caractère ne va pas te briser toutes tes envies (tu auras droit de me flageller quand on se verra) et qu'au contraire, ça te donnera envie de te poser de nouvelles questions sur ce texte, soit pour, comme je l'ai proposé, partir dans une direction plus saccadée, soit, au contraire, pour te persuader que le texte est exactement ce que tu voulais et que la parole de la Péroline n'est pas (forcément) la bonne. Very Happy

Continue ma copine, ça fait du bien de voir quelque chose de sérieux, de construit, de réfléchi et de vraiment personnel.

Juste pour finir (et après j'arrête, mon commentaire va être aussi long que le texte), je tiens à préciser que j'ai lu récemment 1984 de George Orwell, livre dans lequel, pendant près de 6 mois (ou 3 ans ?) le héros se retrouve enfermé, plus ou moins dans les mêmes conditions que Julia. Et après avoir lu ce qu'Orwell a écrit, tout ce que tu lis te semble un peu fadâsse et sans goût, parce que George... Ah, George ! ... :soupir:


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MessageSujet: Re: L'explosion   Mer 28 Juin - 15:50

Pour te répondre Péroline, déjà merci d'avoir fait une longue critique constructive, ça fait plaisir !

Sinon pour les chipotage, je passe. Juste "avait été guérie", je pense que cela est Français car on peut guérir quelqu'un ou quelque chose et qu'une blessure peur guérir. Soit un vraiment transitif et intransitif.

Bref, je te remercie pour cette critique, ne t'inquiète pas je ne te flagellerai pas..Ce serait très idiot de ne pas accpeter. D'autant plus que ce n'est pas un texte très personnel, comme tu le soulignes en disant que ce n'est pas mon style habituel. Je voulais changer de registre mais il ne me tient pas à coeur.

Il y a juste une chose qui m'a un peu choquée, voire blessée même si je le sais ce n'était pas volontaire de ta part. C'est de me comparer au final avec George Orwell (ce qui n'a aucun intérêt il faut bien l'avouer) et de dire que ce qui tu lis est fadasse et sans goût. Ca sous-entend que c'est ce que mon texte est, et je ne trouve que ça manque de tact.

De plus, pour aller dans les inspirations pour ce texte, on peut aussi parler de La Guerre des Mondes, Cubes ou encore Old Boy... Je ne suis guère originale sur ce coup.



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MessageSujet: Re: L'explosion   Mer 28 Juin - 19:26

clo a écrit:

Il y a juste une chose qui m'a un peu choquée, voire blessée même si je le sais ce n'était pas volontaire de ta part. C'est de me comparer au final avec George Orwell (ce qui n'a aucun intérêt il faut bien l'avouer) et de dire que ce qui tu lis est fadasse et sans goût. Ca sous-entend que c'est ce que mon texte est, et je ne trouve que ça manque de tact.

Oh ma copine, mais pas du fru !! Pas du fru du tout, d'ailleurs !! Si c'était vraiment nul, je ne me serais pas donné le mal de le lire à minuit et demi et d'écrire un si long commentaire, don't you think ? Ce que je voulais dire (et que j'ai visiblement mal dit puisque tu en as tiré que j'avais dit des méchancetés), c'est que George Orwell, c'est TELLEMENT génial que tout ce qui passe après, selon moi, est forcément moins fort et moins évident que son dernier chapitre de 1984.

Mais (et je pense que beaucoup d'entre nous me rejoindrons sur ce point) je crois qu'il serait vraiment très intéressant que tu remanies un peu ton texte dans quelques temps, que tu le fasses lire à d'autres personnes aussi, et qu'à la limite tu gardes l'histoire en l'écrivant plus avec tes propres mots... Tu l'as dit toi même, c'est pas ton style de d'habitude, c'est peut-être ça qui a un peu pêché...

:ungrandpardon:

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MessageSujet: Re: L'explosion   Mer 28 Juin - 21:41

Je ne sais pas si je vais le reprendre ce texte. Je vais au moins le finir, le fignoler pour qu'il soit abouti, mais je ne pense pas le remanier entièrement.L'histoire ne me tient pas assez à coeur, c'était un essai mais en le relisant je ne l'aime pas beaucoup.

Je préfère m'atteler à autre chose Very Happy Very Happy



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MessageSujet: Re: L'explosion   Mer 28 Juin - 21:43

Bon bah t'es pas fâchée, alors, ma copine ? Rolling Eyes

pour toi !!
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MessageSujet: Re: L'explosion   Mer 28 Juin - 22:01

Boarf non. Je serais fâchée le jour où je te retrouverai nue dans les bras de Ben !!! Evil or Very Mad






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MessageSujet: Re: L'explosion   Mer 28 Juin - 23:20

Ma chère amie, je crois que cela n'arrivera jamais.
Non pas que ton copain ne me plaise pas, mais plutôt que le mien me satisfasse complètement. Very Happy


king
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MessageSujet: Re: L'explosion   Jeu 17 Aoû - 13:50

king

Pour revenir au texte que je viens enfin de lire, je voulais dire bravo, parce que tu as su nous tenir en haleine pendant tout ce temps.

Tout d'abord l'explosion. Pourquoi, d'où est-elle partie, comment elle a été causée, autant de questions que se posent le lecteur...
Puis cette pièce blanche (j'ai bien évidemment pensé à Cube) et ce Yann.

J'ai vraiment beaucoup aimé ton texte que j'ai dévoré d'une traite. Mais il lui manque peut-être une vraie fin, quelques explications de plus, parce que, même avec la volonté de conserver le mystère, je suis resté sur ma faim...

Tu as un style que j'adore ! Continue ainsi !


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- Pas mieux

Arrow Nouveau forum : Jeuxdemots.info ! cheers
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MessageSujet: Re: L'explosion   Jeu 17 Aoû - 21:53

merci !!

Mais il est vrai que pour ce texte, je n'en suis plus tellement fan. Je l'ai relu plusieurs fois et je pense qu'il était une fausse bonne idée...

Mais bon, ça veut dire que je peux faire bien mieux !!!!! sunny




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MessageSujet: Re: L'explosion   Jeu 17 Aoû - 22:10

Oh bah ma copine, faut pas dire ça ! T'étais vachement motivée par l'idée au départ !! C'est cristounet... Sad
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