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 Aimée l'Araignée

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clo
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MessageSujet: Aimée l'Araignée   Dim 24 Sep - 17:13

Voici le premier jet d'un petit texte que je viens de finir (commencé il y a des mois...) basé sur une simple idée toute bête.


Lorsque l’on vit dans la tête de quelqu’un, que l’on a la possibilité de voir à travers ses yeux et de sonder son esprit de façon parfaite, on peut s’estimer heureux, voire presque chanceux. Mais en même temps, on a du mal à se sonder soi-même, on se dévoue énormément, on offre ses services mais rarement les remerciements fusent. Lorsque l’on vit dans la tête d’une personne, la reconnaissance n’existe pas et on vit dans l’ombre. Le paradoxe est là, on vit en entière symbiose avec un être, on le guide et le conseille mais cette relation à sens unique vous laisse au final désespérément seul. On naît avec une personne, on vit avec elle, puis on meurt mais sans jamais avoir le pouvoir d’influencer sa propre existence. Vivre dans l’esprit de quelqu’un c’est s’abandonner soi-même (ce qui n’est d’ailleurs pas un réel abandon car on ne s’est jamais vraiment trouvé) pour se consacrer qu’à une vie, pour n’avoir d’autre utilité que de pimenter les jours d’un humain désabusé qui, sans nous, passerait la vie la plus morne de tous le temps.
Je me suis donné le nom d’ « Aimée » car je sais que je ne le serai jamais. C’est un des rares petits plaisirs qu’une araignée puisse s’offrir. Je vis dans la tête d’Alfred depuis plus de trente ans maintenant et je dois dire que cette fonction me réjouit tout en m’ennuyant ferme. Je suis, ce qu’on appelle dans le jargon, une « araignée au plafond ». J’excite le grain de folie, l’imagination et l’expression artistique d’Alfred tout en le guidant sur la bonne voie dans la vie. J’ai une petite place dans son cerveau, coincée entre la mémoire et la production du langage. Je mène une vie de chef d’orchestre et de technicien à la fois, je répare, je crée, je supervise et je m’octrois parfois même le droit aux petits coups de pouce amoureux car il est vrai qu’Alfred est un vrai manche avec les femmes. Pour le moment, je pense avoir bien réussi mon coup car Alfred a eu de belles aventures et de sacrées parties de jambes en l’air dans lesquelles je me retrouvais parfois moi-même la tête en bas !
Alfred est botaniste et jardinier paysagiste. Il gagne pas mal d’argent grâce à ses (enfin « mes ») idées de génie, comme la création du « sap’zaï » croisement prodigieux d’un sapin et d’un bonzaï ou encore l’invention de la Durcilia, fleur d’un rouge incroyable sur laquelle on peut marcher sans jamais l’abîmer et qu’Alfred sème en tapis devant l’entrée des maisons. Les gens se croient alors au festival de Cannes, avec le parfum en plus.
Mais bon, même avec tout cela, je n’ai pas le droit à un seul remerciement. Il n’y a que lorsque que j’ai des baisses de forme que je peux entendre, alors qu’il vient de rater la greffe du siècle sur un arbrisseau : « Pourquoi vous me faites ça ? Mais pourquoi ? », souvent accompagné d’une violente frappe sur la tête. Je ne sais jamais s’il s’adresse à Dieu ou à moi, mais j’ai tendance à me sentir visée. Il est vrai qu’à contrôler en partie une personne, l’égo devient vite une source de paranoïa.

Alfred est donc mon principal sujet de pensée, je ne me consacre qu’à lui et parvient de temps en temps à lui redonner confiance lorsque son moral est en berne. Mon travail est simple, il consiste à lui envoyer quelques pulsions créatrices par le biais de son cerveau (incroyable instrument soit dit en passant). Je ne suis rien d’autre qu’un puits d’idées, d’inspiration et de pulsions. Le plus important dans ma « mission » telle que je la nomme, est de contrôler toute cette énergie, d’éviter le trop plein d’informations que le sujet aurait du mal à canaliser. Cela est déjà arriver de nombreuses fois, au mieux, nous avons des génies, au pire des fous. Et c’est ainsi que cette magnifique expression « avoir une araignée au plafond » prend tout son sens.
Il faut savoir que chaque humain sur cette Terre possède sa propre araignée, le petit vélo qui tourne rond au fond de son crâne. Mais il faut savoir aussi que nous autres, nous essayons tant bien que mal à donner des grains de folie très passagers. Il ne faut en aucun cas se laisser aller à rendre un humain totalement fou car tout ce qui est ressenti par lui, l’est par nous. Des araignées folles, il en existe des tas dans le Monde mais elles ne survivent pas longtemps. Il y a aussi les araignées coincées qui ne parviennent que très rarement à donner ne serait-ce qu’un don artistique à leur sujet. A peine offrent-t-elles un sens de l’humour correct. Et puis, il existe les pires araignées qui soit : celles qui veulent absolument tout garder pour elles de façon excessive. Avec le temps, toute cette énergie stockée et non diffusée par le biais de l’humain, tout ce potentiel bouillonnant dans un crâne sans jamais pouvoir être exploité finit par rendre l’humain aigri, stressé et parfois psychologiquement malade. Un schizophrène, par exemple, n’est rien d’autre qu’un sujet possédant une araignée gourmande et, par conséquent, bien plus imaginative que lui. Ces araignées là transgressent énormément de règles jusqu’à entrer en communication avec leur sujet. Le résultat est alors catastrophique car une araignée folle ne peut que contaminer l’humain par sa folie.
Il existe aussi une anomalie où le sujet naît sans aucune araignée au plafond. Certains s’en sortent, essayant tant bien que mal de vivre sans idées lumineuses et sans imagination. Ils finissent pour la plupart employés de bureau et construisent des maquettes à leurs heures perdues. Il y a toujours l’amour qui peut les détourner de la voie de la dépression, l’amitié aussi aide beaucoup. Il y en a certains sur qui les relations humaines ont beaucoup d’influence et peuvent pallier au manque de fantaisie.
Mais, chez certaines personnes qui ne possèdent ni d’araignée, ni des liens solides avec les autres ou encore de hobbies distrayants, la vie devient trop lourde à supporter. Inutile de dire que cette anomalie se révèle dans ce cas dramatique.

Pour ma part, je suis une araignée que l’on peut qualifier de « normale ». Je suis stable, j’aide quand il le faut et laisse aussi Alfred trouver seul. Certaines idées ne sont pas forcément de moi, il faut le savoir. Je ne peux créer que de l’intérieur, toute influence venant de son environnement n’est donc pas mon œuvre. Je suis assez heureuse de mon travail sur Alfred, j’ai fait de lui (en partie) un être respecté dans ce qu’il fait et surtout je lui procure beaucoup de joie. Et puis, il ne faut pas omettre le fait que j’aime beaucoup mon sujet, je suis en accord avec la plupart de ses actes et pensées. Je n’ai aucun contrôle sur la personne qu’il est, je n’interviens que ponctuellement dans sa vie. Je ne peux éviter certaines choses de se produire. Il est clair que si une araignée avait ce don, tout être humain serait extraordinaire. Certaines araignées ont d’ailleurs baissé les bras face au caractère de leurs sujets, d’autres détestent carrément les leurs ! Il faut de tout pour faire un monde, même dans le nôtre.

La vie d’une araignée au plafond est assez fantastique, disons, les dix premières années, celles où l’enfant découvre la vie, l’école, commence à s’intéresser à toute forme d’art. C’est un moment prodigieux où l’on bombarde son sujet de petits coups de folie, d’idées saugrenues, comme la fois où j’ai donné l’occasion à Alfred de peindre la robe de son horrible tante Monique. Il y a tant de potentiel dans la tête d’un enfant à ce moment, il suffit de piocher et de soumettre l’idée au sujet totalement réceptif. Enfant, ils ne connaissent pas la peur, se fichent totalement de leurs manières ou accoutrements. Ils ont l’esprit libre au jeu, à la fantaisie. On peut sans difficulté leur faire croire que cet amas de terre dans ce plat rouillé est en fait une grosse plâtrée de lasagnes à la Bolognaise : ils y croient ! J’ai bien tenté de renouveler l’expérience vers 15 ans, juste comme ça, pour m’amuser : l’information n’est même pas passer. Impossible de se frayer un chemin entre les jeux vidéos, le stress scolaire et, bien sûr, les filles et le sexe qui, à cet âge, brouillaient mon système toutes les trente sept secondes. C’est bien simple, à l’adolescence je ne pouvais que diluer mon information dans ses hormones pour que cela puisse l’atteindre. Donc, au lieu de m’ennuyer en ruminant, je fus le déclencheur de son premier baiser, petit coup de folie car il mettait des heures à se décider. Je suis aussi la cause de quelques heures de colles pour avoir répondu à l’un de ses professeurs (sans doute un homme possédant une araignée très coincée). J’ai bien réussi à le faire gribouiller deux ou trois caricatures par ci par là, mais rien de bien concluant. J’ai même tenter de lui faire prendre quelques cours de guitare, il fut très réceptif au début mais, comme beaucoup d’adolescent, Alfred se décourageait bien vite. Entre 14 et 18 ans, je passais donc très peu de choses au niveau artistique. Alfred n’acceptait rien. J’aidais de temps en temps mais j’étais loin du palmarès de l’araignée de Jimi Hendrix.
Et puis, avec le temps, le cerveau d’un humain se spécialise énormément, il perd beaucoup de potentiel. Contrairement au stade de l’enfant où il est ouvert à tout, absorbant comme une éponge, le cerveau adolescent puis adulte a plus de mal à accepter une certaine fantaisie. Il est clair que la raison, la découverte de son existence, de son être, de son corps, toute cette prise de conscience ne laisse plus grande place à un petit grain de folie. Ou alors, cela fonctionne mais uniquement sur sujet soûl. En gros, pour une araignée, l’adulte sobre est assez ennuyant. Alors, nous devons faire avec et distiller au compte-goutte notre énergie et avec des idées moins enfantines. Ainsi, lorsqu’Alfred eut 18 ans, je lui mis en tête le goût de la politique et de l’engagement. Il était heureux, se sentait très fier en défilant dans les rues, banderoles au poing. Je me suis rendue compte à cet instant qu’il ne suffisait pas d’avoir la bonne idée, encore fallait-il l’avoir au bon moment. Mon travail d’araignée au plafond a pris à ce moment une nouvelle dimension, je prenais du galon, ou du moins je m’en octroyais. Je compris l’importance d’être en phase avec le sujet, et de ne pas tout simplement et égoïstement lui lancer des pulsions de toute sorte.
Donc après ma phase « enfant » où tout me semblait possible, ma phase « ado » où je le stimulais avec tout et n’importe quoi sans succès, il me vint ma phase « pré-adulte » où je me mis à bien écouter Alfred, à être en parfait accord avec lui pour pouvoir lui donner l’idée au moment opportun.

Mais maintenant, la lassitude me gagne. Avec le temps, le stock se tarit, Alfred semble très bien fonctionner sans moi. Non, en fait, je pense qu’il attend peut-être trop de moi. J’ai la sensation de ne plus pouvoir lui donner ce qu’il souhaite et cette faiblesse me tue. Parfois, je me dis que si je reste en lui, sous son crâne, je vais finir par mourir d’ennui et d’impuissance. Je ne sais plus trop comment vaincre cette situation. Avant j’avais un pouvoir, Alfred avait besoin de moi sans réellement le savoir. J’avais un but : faire de sa vie une réussite. Et maintenant, c’est comme si ce pouvoir m’avait dépassée, qu’il m’en fallait plus mais qu’avec le temps, je n’avais plus rien. C’est comme lorsque Alfred a, un jour, joué au Casino. Il avait pas mal d’argent, une bonne base de départ, puis il jouait, il gagnait un peu, perdait un peu plus. Mais son stock s’amenuisait tout doucement. Alors il continuait de jouer, des sommes un peu plus grosses, et il perdait, puis regagnait un peu. Et ainsi de suite, jusqu’au moment où dans ses mains se restaient que deux malheureux jetons. Alors que c’était précisément à ce moment qu’il aurait eu besoin d’en avoir plus. Il avait eu la fièvre du jeu, comme j’avais la fièvre du pouvoir de l’imagination. Il ne lui restait plus rien alors qu’il avait eu tant. Il ne lui restait plus qu’à quitter le Casino. Je pense à présent que je suis dans la même situation. Je n’ai plus rien à donner, trop de choses encombrent son cerveau et j’ai soif du pouvoir d’insuffler des idées. Mais, je n’ai plus d’idée ! Je ne suis qu’une araignée dans un crâne plein qui ne peut plus recevoir, une araignée sans ressource.

C’est clair maintenant, je dois partir ! J’aime Alfred, j’aime sa vie, mais je sens que je n’ai plus rien à y faire. Je dois quitter ce crâne... Ca me paraît soudainement fou, comme si j’avais moi-même ma propre araignée au plafond ou que j’étais ma propre araignée au plafond. Je me sens vide de sens sous ce crâne, plus rien n’afflue.... Je ne sers à rien.
J’attends qu’Alfred dorme, que son corps entier prenne le rythme d’une grosse machinerie. Tout me paraît si simple, il suffit de quitter le poste de commandement et de se faufiler jusqu’au premier orifice rencontré : l’oreille. Je m’exécute, quittant son cerveau et glissant le long de son conduit auditif. Me voici dehors, les pattes sur l’oreiller. Quelle étrange sensation ! Je ne suis plus rattachée à un être, je suis moi et rien que moi ! Je régis désormais plus que mon propre corps, mes propres pensées. Puis-je me qualifier de libre ? Je ne sais pas, je suis encore trop abasourdie par cette nouveauté, la découverte grisante d’un monde que je connais par cœur mais pas foulé par mes propres pattes. Je me demande si d’autres araignées ont connu cette sensation et si ce droit que je m’accorde n’est pas insensé. Après tout, peut-être qu’une araignée au plafond n’est pas faite pour vivre déconnecté de l’humain avec lequel elle naît. Peut-être ne doit-elle pas avoir d’envie ! Mais c’est plus fort que moi, je ne peux me résoudre à m’ennuyer dans ce corps jusqu’à y mourir ! Même lorsqu’on aime quelqu’un très fort on peut avoir envie de partir parce qu’on sent que sa place est ailleurs. Mais je sais aussi que j’aurais toujours besoin d’aider quelqu’un, de trouver tout de même un refuge. Je bouillonne d’idées, je transpire d’imagination, cela peut-il servir à quelqu’un d’autre qu’à mon cher Alfred ? Je suis un mélange de peur et d’excitation.
Où puis-je donc aller à présent ? Où pourrait-on avoir besoin de moi ? Je descends par le pied du lit, la pièce me semble immense et il est étrange de voir tout de si bas. Alfred dort toujours paisiblement, apparemment mon départ ne le touche pas. Il était temps.
J’ai soudainement vraiment sommeil moi-même, je me sens lasse, cette aventure extérieure m’a pompé beaucoup d’énergie. Je quitte la chambre pour la cuisine, grimpe le mur et vais me caler dans un coin, bien au chaud contre la hotte. Libre d’avoir trouver ma place, libre de savoir que d’autres univers m’attendent pour distribuer le potentiel incalculable qui me parcourt la tête, je m’endors paisiblement.

Alfred s’étire en baillant. « Quel rêve bizarre », se dit-il. Jamais une nuit ne lui avait parue tant peuplée d’images, d’idées, jusqu’au réveil où un grand vide le saisit soudainement. Il se lève abasourdi et titube jusqu’à la cuisine. Un café, voilà ce qu’il lui faut. Avec tout le travail qui l’attend, un petit noir bien serré lui remettra toutes les idées en place. La cafetière se met en branle, il ouvre un placard et c’est alors qu’une chose attire son regard, là-haut. Comme un point noir dans son champ de vision. Il fait la moue en voyant une petite araignée velue au plafond, en boule dans un coin de la cuisine. Il court chercher un balai et monte sur une chaise. D’un geste brusque il écrase l’animal, l’air satisfait. Il s’approche de la poubelle, d’un pied il ouvre le couvercle et secoue le balai. Le point noir tombe dans le sac.
« - Araignée du matin, chagrin, murmure-t-il pour lui-même. »
Il lève le pied, le couvercle retombe dans un bruit métallique.




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Dernière édition par le Mer 27 Sep - 15:39, édité 2 fois
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ChiCo
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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Dim 24 Sep - 20:18

Très jolie petite histoire...
Je me rends compte, du coup, de la dureté de la vie des araignées au plafond...
Peut-être que si je pense à être reconnaissant envers la mienne elle n'aura pas le sentiment qu'elle devient inutile les jours passant... Et peut-être qu'elle ne me quittera jamais... Je ne veut pas la tuer... Sad
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clo
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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Dim 24 Sep - 21:02

C'est justement la réaction que je voulais Chico ! C'est décidé, tu seras mon public test !!

Mais à part ça, c'est tout de même qu'un premier jet : quelle partie pensez-vous que je dois un peu plus creuser ? Que dois-je changer ou améliorer ?

J'attends vos réactions, merci !!



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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Lun 25 Sep - 21:22

clo a écrit:
C'est justement la réaction que je voulais Chico ! C'est décidé, tu seras mon public test !!
Trop la chance ! Very Happy

Sinon, pour des éventuelles corrections, je vais relire plus au calme, et si j'ai des remarque, je n'hésiterai pas : je prendrai mon rôle de public test bien à cœur Smile
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Peroline
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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Mar 26 Sep - 13:50

Ca y est, j'ai pris le temps de lire ce texte, et j'en suis bien contente, car il est rudement bien ! Je suis très impressionnée par la cohérence de ton texte qui, bien qu'il soit assez long, forme vraiment un ensemble, un tout. Sans qu'on s'en rende compte, tu avances dans le "récit" avec beaucoup de finesse... vraiment...
J'ai trouvé un peu triste ce que tu dis sur l'enfance : qu'on est fou, sans contrainte ni responsabilités et que (c'est ce que j'ai compris en lisant) c'est le seul moment de la vie, plus ou moins, où l'on est vraiment dans une liberté. C'est un peu dégradant pour l'âge adulte (on n'a plus trop envie de grandir après ça...).

Sinon il est vraiment très bien construit, très réfléchi, dans des détails qui disent beaucoup (sans compter l'originalité du sujet !). Il y a juste la petite partie où Aimée décide de partir que j'ai trouvé un peu courte par rapport au reste, surtout pour une question de rythme.

Clo is the queen , Clo is the queen !
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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Mar 26 Sep - 14:32

Peroline la coquine a écrit:
J'ai trouvé un peu triste ce que tu dis sur l'enfance : qu'on est fou, sans contrainte ni responsabilités et que (c'est ce que j'ai compris en lisant) c'est le seul moment de la vie, plus ou moins, où l'on est vraiment dans une liberté. C'est un peu dégradant pour l'âge adulte (on n'a plus trop envie de grandir après ça...).

Je sais mais il ne faut pas oublier que c'est la vision d'une araignée au plafond ! Mais c'est tout de même ce que je ressens : la fantaisie de l'enfance, la possibilité de voir un monde nouveau à chaque coin de rue ce n'est plus le lot des adultes. L'âge de raison est celui que je déteste le plus !

Peroline la coquine a écrit:
Il y a juste la petite partie où Aimée décide de partir que j'ai trouvé un peu courte par rapport au reste, surtout pour une question de rythme.

C'est justement là où je m'étais arrêté il y a des mois ! J'ai repris ensuite d'une traite, d'où la rupture de rythme ! Je vais m'y remettre pour arranger tout ça. C'est vrai qu'en relisant, je me dis qu'on devrait plus s'attarder sur le départ d'Aimée qui est quand même un choix difficile.


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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Mar 26 Sep - 15:10

J'ai ajouté au texte des petites modifications à la fin dans le paragraphe débutant par "J'attends qu'Alfred dorme..." et jusqu'à "je m'endors paisiblement".

Qu'en pensez-vous ?

Pour ma part, je ressens le même sentiment que pour "Obssession", je suis assez fière de mon texte, et de voir qu'il prend sa forme finale !


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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Mar 26 Sep - 19:52

aujourd'hui, en cours de vibrations, j'ai senti une araignée sur ma nuque. Après l'avoir dégagée de cette position où elle me chatouillait, je l'ai regardée, respectueusement, en pensant à toi, clo, et à Aimée...


Sinon, j'aime mieux comme ça... On voit les doutes qu'engendrent un changement important dans le mode de vie. Les même doutes que ceux que l'on à nous humains quand on pars pour la première fois du foyer familial pour faire des études (entre autre...) Et ça rend la petite araignée encore plus réelle, humaine, et attachante Smile

Bravo.
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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Mar 26 Sep - 19:56

Ohh on pense à moi en voyant une araignée ! Embarassed

Hihihi !

Cha me fé plésir



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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Mar 26 Sep - 23:24

ça a égaillé cette heure de Principe Fondamental de la Dynamique...
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Taho!
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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Mer 27 Sep - 14:15

Ça y est, à mon tour, j'ai lu ton excellent texte et j'envie la petite Aimée qui vit au fond de toi et qui te dicte ce genre de textes fous !

Ce petit passage
Citation :
Je mène une vie de chef d’orchestre et de technicien à la fois, je répare, je crée, je supervise et je m’octrois parfois même le droit aux petits coups de pouce amoureux car il est vrai qu’Alfred est un vrai manche avec les femmes. Pour le moment, je pense avoir bien réussi mon coup car Alfred est botaniste et jardinier paysagiste.
m'a un peu destabilisé, j'attendais plus des réussites amoureuses que professionelles dans la façon d'amener la chose... Sinon, tant que j'en suis à critiquer et parce que je sais que tu es en train de bosser dessus encore un peu, pars à la chasse aux fôtes, il y en a plusieurs tout au long du texte, ça peut gêner à la lecture.

Et sinon, une réponse non donnée dans le texte : Aimée a-t-elle elle-même une araignée dans le plafond ?


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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Mer 27 Sep - 14:33

En effet, étrange cette citation, je ne m'en étais jamais rendue compte ! Il faudra que je fix that !

Sinon, niveau fautes, je pense que je le soumettrais peut-être à un correcteur (huhu non je blague) ! Sérieusement, Taho! si tu as le temps (le tteeeempps !) d'en corriger certaines, fais-moi signe ! Perso à force de lire et relire, je n'ai pus le recul pour voir mes fautes (et Dieu sait que je suis une tarée de l'aurtôgraffe !!!)

Merci en tout cas !!!



[EDIT] : et concernant ta question sur Aimée, je ne puis te répondre... Je pense que ce n'est pas vraiment une araignée qu'elle a mais plutôt le désir de partir... Je ne sais pas non plus moi-même si les araignées que l'on rencontre sont des "araignées au plafond" lasses du corps d'humains ou si ce sont de bêtes animaux... Mais j'aime à penser quand même qu'Aimée est la seule à s'être conduite ainsi. Au début, je ne voulais pas du tout finir l'histoire comme ça, Aimée devait parler à Alfred, le rencontrer au pied de son lit, qu'elle lui montre combien elle avait été importante pour lui mais qu'elle devait partir. Alfred voulait alors la retenir. Mais la fin que j'ai réellement faite me semble plus appropriée, on sait qu'Alfred se rendra compte tôt ou tard de cette perte mais sans vraiment savoir à quoi elle est due. La boucle est donc bouclée par rapport au premier paragraphe du texte.

En tout cas, je suis contente qu'elle vous ait plu car cette idée toute bête est devenue un texte que j'aime énormément !

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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Mer 27 Sep - 15:41

J'ai corrigé quelques fautes et réparé en une phrase la petite bévue de construction concernant Alfred et le femmes.

Voilà !


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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Mer 27 Sep - 17:30

alors moi j'ai adoré et à vrai dire j'ai trouvé ce texte d'une tristesse du début jusqu'à la fin. je ne sais pas si c'est fait exprès ou si c'est moi qui suis à fleur de peau en ce moment.
Il m'a beaucoup fait réfléchir pendant que je le lisais. Et ça c'est ce que j'aime dans un texte : qu'il me fasse réfléchir au lieu de lire "tout bêtement" si je peux dire.
ça m'a permis de me reconcentrer un peu quand à mes passions, ... Ma vie quoi. Je crois que j'avais besoin de ce petit coup de pouce, même si je ne pensais pas qu'il viendrait d'un texte d'une personne de l'atelier.
Alors merci d'avoir traité ce sujet.

Par ailleurs, Sad pour l'araignée. Et je vais maintenant faire attention à la mienne.

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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Mer 27 Sep - 19:07

Et bien !! Merci beaucoup, je crois que ça me touche autant que toi !

Ravie de t'avoir fait réfléchir !


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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Ven 29 Sep - 15:05

Bon il serait temps que le père Zitoun s'exprime non?
Je ne peux qu'apporter de l'eau au moulin général, splendide texte! Surtout que je l'ai lu après corrections, donc pas grand chose à redire.

C'est kafkaïen tout simplement !

Congratulations!

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Peroline
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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Ven 29 Sep - 15:20

clo a écrit:
J'ai corrigé quelques fautes et réparé en une phrase la petite bévue de construction concernant Alfred et le femmes.

Juste pour dire que je trouve ça assez dommage... Je n'avais pas fait spécialement attention en lisant le texte, mais en relisant juste le petit passage cité par Taho! j'ai trouvé au contraire que c'était brillantissime...
Et c'est pas que pour faire chier l'autre, je sais pas... Cela pourrait être une déformation anacoluthique, non ? Shocked
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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Ven 29 Sep - 16:16

Ah bah moi je préfère comme ça.... Ca faisait trop erreur de construction, je trouve !

@Zitoun : Marrki !


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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Dim 1 Oct - 15:25

Je crois que je vais faire participer Aimée à un concours de Nouvelles !!

Aller, soyons fous !



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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Lun 2 Oct - 0:28

Vas-y fonce mémé...Aimée!!

Et puis Aimée, c'est un prénom qui donne de bon résultat dans les championnats...heu concours.

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MessageSujet: Re: Aimée l'Araignée   Lun 2 Oct - 16:56

T'as bien raison, mon amie !! Et vive Aimée !
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