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 Texte en commun - 1

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clo
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MessageSujet: Texte en commun - 1   Mar 24 Jan - 19:34

J'ai l'impression de suffoquer. Les essuis-glaces balaient le pare-brise dans un rythme lent. Est-ce que les portières sont bloquées ? Je suis attachée, la ceinture passe juste sous le lobe de mon oreille et continue son chemin pour me serrer le ventre.

L'appui-tête devant moi est noir, relevé au maximum, je vois une nuque. Pourquoi fait-il si chaud ? Est-ce que je touche le sol ? Les essuis-glaces s'arrêtent, la pluie a cessé. Pleuvait-il vraiment ?

Ce que j'ai chaud. La nuque devant moi remue, ça bouge à l'avant. Un frisson me parcourt le dos.





A vous !
clo

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MessageSujet: Re: Texte commun - 1   Mar 24 Jan - 22:53

clo a écrit:
J'ai l'impression de suffoquer. Les essuis-glaces balaient le pare-brise dans un rythme lent. Est-ce que les portières sont bloquées ? Je suis attachée, la ceinture passe juste sous le lobe de mon oreille et continue son chemin pour me serrer le ventre.

L'appui-tête devant moi est noir, relevé au maximum, je vois une nuque. Pourquoi fait-il si chaud ? Est-ce que je touche le sol ? Les essuis-glaces s'arrêtent, la pluie a cessé. Pleuvait-il vraiment ?

Ce que j'ai chaud. La nuque devant moi remue, ça bouge à l'avant. Un frisson me parcourt le dos.

Un souffle, devant moi, puis plus de bruit, la nuque est de nouveau droite, raide, tendue. Après la vue, je constate que l'ouïe est revenue, je me concentre sur ce nouveau sens recouvré.
Plic !
De l'eau goutte du sol, mouille mes cheveux dressés. Une flaque se forme doucement au plafond.
Le moteur. Le moteur ne fait plus de bruit, on est donc arrivés. Enfin. Dehors, il fait nuit ou il fait jour ? Les deux ! Le soleil rentre par la droite, puis disparaît, comme s'il jouait avec une rangée de platanes, clignotant en gros clins d'œil avant d'aller enfiler son pyjama.
D'autres lumières, à gauche cette fois. Des pas, des voix.
Quelle langue parlent-ils donc ?

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Zitoun
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MessageSujet: Re: Texte en commun - 1   Mer 25 Jan - 20:09

Citation :
J'ai l'impression de suffoquer. Les essuis-glaces balaient le pare-brise dans un rythme lent. Est-ce que les portières sont bloquées ? Je suis attachée, la ceinture passe juste sous le lobe de mon oreille et continue son chemin pour me serrer le ventre.

L'appui-tête devant moi est noir, relevé au maximum, je vois une nuque. Pourquoi fait-il si chaud ? Est-ce que je touche le sol ? Les essuis-glaces s'arrêtent, la pluie a cessé. Pleuvait-il vraiment ?

Ce que j'ai chaud. La nuque devant moi remue, ça bouge à l'avant. Un frisson me parcourt le dos.

Un souffle, devant moi, puis plus de bruit, la nuque est de nouveau droite, raide, tendue. Après la vue, je constate que l'ouïe est revenue, je me concentre sur ce nouveau sens recouvré.
Plic !
De l'eau goutte du sol, mouille mes cheveux dressés. Une flaque se forme doucement au plafond.
Le moteur. Le moteur ne fait plus de bruit, on est donc arrivés. Enfin. Dehors, il fait nuit ou il fait jour ? Les deux ! Le soleil rentre par la droite, puis disparaît, comme s'il jouait avec une rangée de platanes, clignotant en gros clins d'œil avant d'aller enfiler son pyjama.
D'autres lumières, à gauche cette fois. Des pas, des voix.
Quelle langue parlent-ils donc ?

Première fois que j'entends sans saisir. Les syllabes me parviennent mais je suis incapable de les assembler pour comprendre le discours qu'elles produisent. D'abord d'une curiosité accrue, le vertige, que déjà je ressentais, s'accentue violemment par le tournoiement de ces sons sans sens. Est-ce que je touche le sol ?
La buée des vitres m'isole et m'empêche de distinguer les visages grandissant de ces silhouettes fantomatiques productrices de bruits non répertoriés. Difficile de me concentrer, j'ai de plus en plus froid, l'eau s'infiltre goutte à goutte à travers les parois de mon crâne. Ma vue tremble, j'essaye de la stabiliser sur le seul point stable et immuable de cet environnement hostile : la nuque. La nuque? Rien, le vide total derrière l'appui dorénavant sans tête...

Je passe la main.
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MessageSujet: Re: Texte en commun - 1   Jeu 26 Jan - 1:03

Citation:

J'ai l'impression de suffoquer. Les essuis-glaces balaient le pare-brise dans un rythme lent. Est-ce que les portières sont bloquées ? Je suis attachée, la ceinture passe juste sous le lobe de mon oreille et continue son chemin pour me serrer le ventre.

L'appui-tête devant moi est noir, relevé au maximum, je vois une nuque. Pourquoi fait-il si chaud ? Est-ce que je touche le sol ? Les essuis-glaces s'arrêtent, la pluie a cessé. Pleuvait-il vraiment ?

Ce que j'ai chaud. La nuque devant moi remue, ça bouge à l'avant. Un frisson me parcourt le dos.

Un souffle, devant moi, puis plus de bruit, la nuque est de nouveau droite, raide, tendue. Après la vue, je constate que l'ouïe est revenue, je me concentre sur ce nouveau sens recouvré.
Plic !
De l'eau goutte du sol, mouille mes cheveux dressés. Une flaque se forme doucement au plafond.
Le moteur. Le moteur ne fait plus de bruit, on est donc arrivés. Enfin. Dehors, il fait nuit ou il fait jour ? Les deux ! Le soleil rentre par la droite, puis disparaît, comme s'il jouait avec une rangée de platanes, clignotant en gros clins d'œil avant d'aller enfiler son pyjama.
D'autres lumières, à gauche cette fois. Des pas, des voix.
Quelle langue parlent-ils donc ?


Première fois que j'entends sans saisir. Les syllabes me parviennent mais je suis incapable de les assembler pour comprendre le discours qu'elles produisent. D'abord d'une curiosité accrue, le vertige, que déjà je ressentais, s'accentue violemment par le tournoiement de ces sons sans sens. Est-ce que je touche le sol ?
La buée des vitres m'isole et m'empêche de distinguer les visages grandissant de ces silhouettes fantomatiques productrices de bruits non répertoriés. Difficile de me concentrer, j'ai de plus en plus froid, l'eau s'infiltre goutte à goutte à travers les parois de mon crâne. Ma vue tremble, j'essaye de la stabiliser sur le seul point stable et immuable de cet environnement hostile : la nuque. La nuque? Rien, le vide total derrière l'appui dorénavant sans tête...






Ma portière s'ouvre lentement, elle n'était pas bloquée ! Un nuage de poussière s'engouffre dans la voiture et me fais tousser. On me parle, une main se tend, longue et fine. Que dois-je faire ? La saisir ? Je tousse de nouveau, mes yeux se brouillent. Le son de ma gorge me paraît lointain et presque inconnu.

La main insiste, les doigts sont beaux, blanc comme de la porcelaine. Je me sens soudainement si serein, je dois saisr cette main. Elle m'appelle, m'hypnotise, et cette goutte d'eau incessante m'insupporte tellement que je n'ai plus qu'un seul choix.

J'agrippe la main et sors de la voiture.





Next !
clo

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MessageSujet: Re: Texte en commun - 1   Jeu 26 Jan - 21:42

Citation :
[...] La main insiste, les doigts sont beaux, blanc comme de la porcelaine. Je me sens soudainement si serein, je dois saisr cette main. Elle m'appelle, m'hypnotise, et cette goutte d'eau incessante m'insupporte tellement que je n'ai plus qu'un seul choix.

J'agrippe la main et sors de la voiture.

Est-ce le sol que je sens sous mes pieds? Là encore je suis perdue. La sensation de douceur extrême, de moelleux si agréable que perçoivent mes plantes de pieds contraste tant avec la dureté agressive habituelle du macadam que le doute s'empare de nouveau de mon être.
Cependant la main de porcelaine me permet de perdre mon sentiment vertigineux. Soulagement de courte durée. Je m'apperçois alors de la froideur de cette main qui se voulait rassurante, et cela me glace le sang.
Je n'ai qu'une envie, voir enfin ce qui se passe autour de moi, comprendre où tout cela va me mener.

Peu à peu, la poussière qui m'aveuglait se dissipe, mes yeux recouvre leur sens. J'ai peur de découvrir mon environnement. Mon regard se détourne. Je respire profondément, avant d'affronter enfin l'inconnu.



Au suivant!!

Ztn Neutral
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MessageSujet: Re: Texte en commun - 1   Ven 27 Jan - 20:56

Pas mal Zitoun, juste UN truc, c'est que j'avais mis "je me sens serain" au masculin, c'est donc un garçon, et toi tu as mis "perdue" au féminin. Mais ce n'est qu'un détail (remarque : "votre veste à des boutons, c'est un détail, avouez que pour la fermer, c'est pluls pratique non !)...

clo

PS : désolée d'écrire si peu comparé à vous deux (Taho! et toi) mais je n'arrive pas à avoir autant d'inspiration que vous !!!

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MessageSujet: Re: Texte en commun - 1   Ven 27 Jan - 21:26

J'avais remarqué le "serein" mais il m'a semblé que c'était déjà une erreur de ta part car dans le tout début du texte écrit par tes petites mimines, tu avais accordé un participe au féminin :
Citation :
Je suis attachée

Je ne faisais donc que nous remettre dans ce qui me semblait être le droit chemin.

M'enfin moi je dis ça...que le prochain relayeur tranche (de vie! tranche de saumon!) et pi on suivra c'est tout!!

Ztn tongue
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MessageSujet: Re: Texte en commun - 1   Ven 27 Jan - 23:08

Verdict :

C'est une fille!!!

Mazèltoff !!!!


Ztn et Clo

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MessageSujet: Re: Texte en commun - 1   Ven 27 Jan - 23:54

j'ai un peu de mal à continuer, je l'avoue !
je pense que Clo avait mis "attachée" par habitude, bêtement, on a suivi...

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MessageSujet: Re: Texte en commun - 1   Sam 28 Jan - 14:20

Non, ce n'était pas par habitude.... Je pensais que l'héroïne était une fillette en fait. Mais en lisant vos morceaux, je me suis dit que ça pouvait être un homme, c'est moi qui ai bêtement suivi huhu !

clo

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MessageSujet: Re: Texte en commun - 1   Lun 6 Fév - 13:52

Zitoun a écrit:
Citation :
[...] La main insiste, les doigts sont beaux, blanc comme de la porcelaine. Je me sens soudainement si serein, je dois saisr cette main. Elle m'appelle, m'hypnotise, et cette goutte d'eau incessante m'insupporte tellement que je n'ai plus qu'un seul choix.

J'agrippe la main et sors de la voiture.

Est-ce le sol que je sens sous mes pieds? Là encore je suis perdue. La sensation de douceur extrême, de moelleux si agréable que perçoivent mes plantes de pieds contraste tant avec la dureté agressive habituelle du macadam que le doute s'empare de nouveau de mon être.
Cependant la main de porcelaine me permet de perdre mon sentiment vertigineux. Soulagement de courte durée. Je m'apperçois alors de la froideur de cette main qui se voulait rassurante, et cela me glace le sang.
Je n'ai qu'une envie, voir enfin ce qui se passe autour de moi, comprendre où tout cela va me mener.

Peu à peu, la poussière qui m'aveuglait se dissipe, mes yeux recouvre leur sens. J'ai peur de découvrir mon environnement. Mon regard se détourne. Je respire profondément, avant d'affronter enfin l'inconnu.



Au suivant!!

Ztn Neutral


La poussière n'est plus, mon regard s'habitue à l'éblouissante lumière projetée tout autour de moi. Le sol est mou, je me retourne, la voiture a disparu. La main me sert un peu plus fort, insistante comme pour m'inviter plus près. Elle est rattachée à un long bras maigre et tout aussi blanc. Puis un visage, souriant, beau, des lèvres cerises, un regard bleu et doux, de hautes pommettes. Est-ce un homme ? Une femme ? Impossible de le dire. La bouche s'entrouvre et un flot de paroles inconnues me parvient. Je secoue la tête, je ne comprends pas. Il fait froid tout a coup. La main me lâche et vient me caresser la joue, le contact est presque glacial. Je frissone. Le personnage se rapproche de moi, il est si beau. Ses bras s'écartent pour m'enlacer. Et là, contre ce corps si doux et si froid à la fois, je m'apaise et me mets à pleurer.


Next !
clo

PS : j'ai encore une fois écrit en pensant que le personnage principal était un homme, désolée....lol. On ne se mettra jamais d'accord !!!

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MessageSujet: Voilà ce que ça donne !   Lun 6 Fév - 13:59

Bon, petit bilan : voilà ce que ça donne en entier pour le moment :

J'ai l'impression de suffoquer. Les essuis-glaces balaient le pare-brise dans un rythme lent. Est-ce que les portières sont bloquées ? Je suis attachée, la ceinture passe juste sous le lobe de mon oreille et continue son chemin pour me serrer le ventre.

L'appui-tête devant moi est noir, relevé au maximum, je vois une nuque. Pourquoi fait-il si chaud ? Est-ce que je touche le sol ? Les essuis-glaces s'arrêtent, la pluie a cessé. Pleuvait-il vraiment ?

Ce que j'ai chaud. La nuque devant moi remue, ça bouge à l'avant. Un frisson me parcourt le dos.

Un souffle, devant moi, puis plus de bruit, la nuque est de nouveau droite, raide, tendue. Après la vue, je constate que l'ouïe est revenue, je me concentre sur ce nouveau sens recouvré.
Plic !
De l'eau goutte du sol, mouille mes cheveux dressés. Une flaque se forme doucement au plafond.
Le moteur. Le moteur ne fait plus de bruit, on est donc arrivés. Enfin. Dehors, il fait nuit ou il fait jour ? Les deux ! Le soleil rentre par la droite, puis disparaît, comme s'il jouait avec une rangée de platanes, clignotant en gros clins d'œil avant d'aller enfiler son pyjama.
D'autres lumières, à gauche cette fois. Des pas, des voix.
Quelle langue parlent-ils donc ?

Première fois que j'entends sans saisir. Les syllabes me parviennent mais je suis incapable de les assembler pour comprendre le discours qu'elles produisent. D'abord d'une curiosité accrue, le vertige, que déjà je ressentais, s'accentue violemment par le tournoiement de ces sons sans sens. Est-ce que je touche le sol ?
La buée des vitres m'isole et m'empêche de distinguer les visages grandissant de ces silhouettes fantomatiques productrices de bruits non répertoriés. Difficile de me concentrer, j'ai de plus en plus froid, l'eau s'infiltre goutte à goutte à travers les parois de mon crâne. Ma vue tremble, j'essaye de la stabiliser sur le seul point stable et immuable de cet environnement hostile : la nuque. La nuque? Rien, le vide total derrière l'appui dorénavant sans tête...

Ma portière s'ouvre lentement, elle n'était pas bloquée ! Un nuage de poussière s'engouffre dans la voiture et me fais tousser. On me parle, une main se tend, longue et fine. Que dois-je faire ? La saisir ? Je tousse de nouveau, mes yeux se brouillent. Le son de ma gorge me paraît lointain et presque inconnu.

La main insiste, les doigts sont beaux, blanc comme de la porcelaine. Je me sens soudainement si serein, je dois saisr cette main. Elle m'appelle, m'hypnotise, et cette goutte d'eau incessante m'insupporte tellement que je n'ai plus qu'un seul choix.

J'agrippe la main et sors de la voiture.

Est-ce le sol que je sens sous mes pieds? Là encore je suis perdue. La sensation de douceur extrême, de moelleux si agréable que perçoivent mes plantes de pieds contraste tant avec la dureté agressive habituelle du macadam que le doute s'empare de nouveau de mon être.
Cependant la main de porcelaine me permet de perdre mon sentiment vertigineux. Soulagement de courte durée. Je m'apperçois alors de la froideur de cette main qui se voulait rassurante, et cela me glace le sang.
Je n'ai qu'une envie, voir enfin ce qui se passe autour de moi, comprendre où tout cela va me mener.

Peu à peu, la poussière qui m'aveuglait se dissipe, mes yeux recouvre leur sens. J'ai peur de découvrir mon environnement. Mon regard se détourne. Je respire profondément, avant d'affronter enfin l'inconnu.


La poussière n'est plus, mon regard s'habitue à l'éblouissante lumière projetée tout autour de moi. Le sol est mou, je me retourne, la voiture a disparu. La main me sert un peu plus fort, insistante comme pour m'inviter plus près. Elle est rattachée à un long bras maigre et tout aussi blanc. Puis un visage, souriant, beau, des lèvres cerises, un regard bleu et doux, de hautes pommettes. Est-ce un homme ? Une femme ? Impossible de le dire. La bouche s'entrouvre et un flot de paroles inconnues me parvient. Je secoue la tête, je ne comprends pas. Il fait froid tout a coup. La main me lâche et vient me caresser la joue, le contact est presque glacial. Je frissone. Le personnage se rapproche de moi, il est si beau. Ses bras s'écartent pour m'enlacer. Et là, contre ce corps si doux et si froid à la fois, je m'apaise et me mets à pleurer.



Voilà, maintenant, au suivant !
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MessageSujet: Re: Texte en commun - 1   Mar 7 Fév - 14:25

Encore cette satanée goutte! Je la croyais partie avec ma cellule roulante... Ce n'est pas de l'eau. C'est une larme née dans les yeux de ce clown blanc qui me porte et qui est venue mourir sur ma joue... Pourquoi pleure-t-il? Pourquoi me sert-il si fort?
J'ai du mal à respirer, le sang de mes pieds suspendus au dessus du sol ne retouve plus le chemin de mon coeur, la tête me tourne et de nouveau ma vue se brouille. J'en ai assez.
L'étreinte redouble et me comprime. Je n'arrive à prendre de l'air qu'une fois sur cinq. Quelque chose vient de craquer en moi! C'est insoutenable. La douleur m'envahit et progressivement, je ne sens plus mes pieds, mes jambes, mon bassin, ma nuque. Ma tête devient de plus en plus lourde. Dans un ultime effort, je parviens à surmonter la souffrance qui irradie depuis mon dos pour lever ce poids en direction du visage de mon étau. Sont-ce mes yeux, ou bien la pluie qui pourtant a cessé, qui ont fait de cette figure blanche de la neige fondue?

Nos regards se croisent....



Next!

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MessageSujet: Re: Texte en commun - 1   Lun 13 Fév - 17:20

Zitoun a écrit:
Encore cette satanée goutte! Je la croyais partie avec ma cellule roulante... Ce n'est pas de l'eau. C'est une larme née dans les yeux de ce clown blanc qui me porte et qui est venue mourir sur ma joue... Pourquoi pleure-t-il? Pourquoi me sert-il si fort?
J'ai du mal à respirer, le sang de mes pieds suspendus au dessus du sol ne retouve plus le chemin de mon coeur, la tête me tourne et de nouveau ma vue se brouille. J'en ai assez.
L'étreinte redouble et me comprime. Je n'arrive à prendre de l'air qu'une fois sur cinq. Quelque chose vient de craquer en moi! C'est insoutenable. La douleur m'envahit et progressivement, je ne sens plus mes pieds, mes jambes, mon bassin, ma nuque. Ma tête devient de plus en plus lourde. Dans un ultime effort, je parviens à surmonter la souffrance qui irradie depuis mon dos pour lever ce poids en direction du visage de mon étau. Sont-ce mes yeux, ou bien la pluie qui pourtant a cessé, qui ont fait de cette figure blanche de la neige fondue?

Nos regards se croisent....



Next!

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Ses yeux ne sont à présent plus que des pierres, de petits cailloux noirs qui bientôt se détachent de leur orbites de glace. L'eau ruisselle maintenant sur mon visage. Le personnage fond en moi. Pourtant son étreinte n'a pas cessé. Il me semble même qu'elle redouble au fur et à mesure que l'eau me pénétre. Elle me sert plus fort, encore et encore et mon corps craque. Je ne ressens bientôt plus de douleur mais j'entends mon corps tout en entier trembler, se craqueler, se démenteler. Je me sens devenir fluide, mes os ont disparu, ou plutôt ils se sont émiettés pour devenir sable. Je sens mon être se mêler à l'eau projetée sur mon visage et bientôt nous ne formons plus qu'un.
Tombé sur le sol, mes jambes ont disparu, puis mon buste, emporté dans le tourbillon d'eau pure qui me submerge.
Autout de moi la lumière.
Nous ne sommes plus que de la boue.
De la boue.

FIN



Bon que quelqu'un lance un nouveau sujet, celui-ci est clos (un peu n'importe comment certes mais avec Zitoun on était à court ;-) )

clo

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